La semaine dernière, j'ai suivi un séminaire à Tallinn où un intervenant est parvenu, de manière très simple, à remettre en cause le « danger » que les pays en voie de développement représentent pour notre économie. Son plaidoyer m'a semblé d'autant plus intéressant qu'il était en porte-à-faux avec celui des médias. Selon lui, les pays à bas salaires font en fait partie du cycle naturel de l'évolution. Les salaires y sont moins importants pour la simple raison que la productivité y est plus faible, en raison d'un faible accès à l'éducation : les habitants de ces pays savent à peine lire et écrire. Mais si des pays dotés d'un bas salaire sont capables d'offrir du travail moins cher qu'ici, cela profite également aux consommateurs occidentaux. Grâce à eux, ces consommateurs ont accès à des produits meilleur marché et peuvent destiner l'argent ainsi préservé à l’achat de produits fabriqués ici. En fait, les pays à bas salaires font partie du cycle de l'évolution économique. Et il est vain de vouloir contrecarrer le processus des secteurs en déclin. En premier lieu, la protection de secteurs qui ne sont plus compétitifs par l'octroi de subventions est exagérément coûteux. En second lieu, c’est un processus naturel qui est déjà en cours depuis des siècles : des industries se développent et périclitent. Et enfin, tant qu’une subvention est consacrée à des secteurs mourants, les employés qui y sont actifs ne sont pas disponibles pour booster de nouveaux secteurs promis à un meilleur avenir. C'est donc une bévue que de percevoir les pays à bas salaire comme un embarras. En définitive, ils ne font que mettre un terme à des industries qui n'on plus rien à faire dans notre niveau d'industrialisation. En effet, au fur et à mesure que notre rendement grandit, il y a certains jobs que nous ne voulons plus remplir car nous n'en voyons plus l’utilité. Ces secteurs sont alors occupés par des personnes moins qualifiées. Qui voudrait encore travailler dans une mine de charbon ? Et pourquoi faudrait-il laisser un programmeur fabriquer des vêtements ? Avec ses connaissances en informatique, il a de quoi offrir une valeur ajoutée largement supérieure dans le secteur des NTIC ! Ce séminaire m'a fasciné, car il tranchait radicalement avec le regard pessimiste, voire catastrophiste, des médias sur le sujet. Encore plus d'information sur ce séminaire entreprise à Tallinn en cliquant sur le site de l'organisateur.